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Carl Gustav Jung et l’astrologie

Carl Jung, psychanalyste suisse, disciple de Freud, a introduit l’astrologie dans la psychanalyse. Il aborda des concepts qui, pour beaucoup à l’époque, étaient plus proches de la magie que de la science. On pourrait dire qu’il était avant-gardiste pour son époque et s’il avait vécu de nos jours, il aurait certainement accéléré certaines voies qui ont encore du mal à faire partie des concepts de la vie, comme l’approche de l’astrologie dans l’aide à l’autre. Ses théories sont profondes et intéressantes, allant même jusqu’à donner naissance à un courant qui reste en vigueur aujourd’hui : l’Astrologie humaniste.

    « L’astrologie correspond à des configurations symboliques de l’inconscient collectif, qui est le sujet principal de la psychologie : les « planètes » sont les dieux, symboles des pouvoirs de l’inconscient. »

Carl G. Jung

Pour Jung, toute la connaissance de la psychologie ancienne se trouve condensée dans l’astrologie. Les douze signes du zodiaque sont intuitivement devenus un recueil de réalités psychiques. Ils définissent ce que Jung appela “archétypes” . Il s’agit des modèles ou des schémas psychologiques qui habitent l’inconscient collectif.

Carl Jung était convaincu qu’il existait une disposition innée dans chaque être humain du fait d’être ce qu’il est. Il ne s’agit pas de quelque chose qui s’acquière mais d’inné pour chacun de nous. Nous pouvons constater ici l’influence de l’astrologie sur la psychanalyse jungienne.

Voici quelques lettres et échanges qu’il a eu sur le sujet de l’astrologie, la synchronicité :

Lettre du 29 janvier 1934 adressée au Dr. B. Baur

« Le fait que l’astrologie fournisse cependant des résultats valables prouve que ce ne sont pas les positions apparentes des astres qui opèrent, mais plutôt les temps qui sont mesurés ou bien déterminés par des positions astrales arbitrairement déterminées. Le temps résulte donc comme un flux d’évènements chargé de qualité et non pas comme une conception abstraite ou une condition de la connaissance, comme le voudrait notre philosophie. »

Lettre du 6 septembre 1947 au Pr. B. V. Raman

« Je n’ai pas encore reçu l’Astrological Magazine, mais je veux quand même répondre tout de suite à votre lettre.

Vous voudriez savoir ce que je pense de l’astrologie ; il y a plus de trente ans que je m’intéresse à cette préoccupation de l’esprit humain. Ce qui m’intéresse avant tout en tant que psychologue, c’est la question de savoir comment la complication de certains caractères peut-être élucidée au moyen de l’horoscope. Dans les cas de diagnostic psychologique difficiles, je fais la plupart du temps dresser un horoscope pour disposer d’un point de vue, nouveau. Dans beaucoup de cas les indications de l’astrologie contenaient une explication pour certains faits que je n’aurais pas compris sans elle. D’une telle expérience j’ai tiré la conclusion que l’astrologie présentait un intérêt tout particulier pour le psychologue. Elle est fondée sur un fait psychologique d’expérience que nous appelons « projection » – c’est-à-dire que ce que nous trouvons dans les constellations astrales, ce sont en quelque sorte des contenus de l’âme. A l’origine il en est résulté l’idée que ces contenus provenaient des astres, alors qu’ils n’ont avec eux, en fait, qu’une relation de synchronicité.

Je conviens que c’est très singulier, et que cela jette une lumière étrange sur la structure de l’esprit humain. Ce que je regrette dans la littérature astrologique, c’est surtout l’absence d’une méthode statistique par laquelle certains faits fondamentaux pourraient recevoir une base scientifique.

J’espère que ma lettre à répondu à votre question. »

Entretien avec C. G. Jung
par André BARBAULT et Jean CARTERET, mai 1954

Entretien publié dans le numéro 12 de « Astrologie moderne », la revue de l’association française CIA (Centre International d’Astrologie), et numéro 8 de la revue « l’Astrologue » en 1968.]

Lors de cet entretien, Jung y discute de son expérience de l’astrologie : « En tout cas, la position de l’astrologie parmi les méthodes intuitives est unique et particulière et il y a raison de se douter d’une théorie causale d’un côté et de la validité exclusive de l’hypothèse synchronistique de l’autre côté ».

André Barbault, Jean Carteret : Maître, quels rapports voyez-vous entre l’astrologie et la psychologie ?

Carl-Gustav Jung : Il y a eu beaucoup de cas d’analogies frappantes entre la constellation astrologique et l’évènement psychologique ou l’horoscope et la disposition caractérologique. Il y a même la possibilité d’une certaine prédiction quant à l’effet psychique d’un transit par exemple On peut attendre avec un degré assez haut de probabilité qu’une certaine situation psychologique bien définie soit accompagnée par une configuration astrologique analogue. L’astrologie consiste en configurations symboliques comme l’inconscient collectif dont la psychologie s’occupe ; les « planètes » sont les dieux, symboles des puissances de l’inconscient.

ABJC : Sur quel mode, physique, causal, synchrone … pensez-vous que ces rapports peuvent s’établir ?

C-G J : Il me semble qu’il s’agit là surtout de ce parallélisme ou de cette sympathie que j’appelle la

Synchronicité, rapport acausal exprimant les relations qui ne se laissent pas formuler par la causalité, comme par exemple la précognition, la prémonition, la psychokinése et aussi ce qu’on appelle la télépathie. En tant que telle la causalité est une vérité statistique, il y a des exceptions de nature acausale qui touchent à la catégorie des évènements synchronistiques. Ils ont affaire avec le « temps qualitatif ».

ABJC : Quelle attitude avez-vous devant les positions des astrologues qui admettent l’existence d’un terrain psychologique dès la naissance et des psychanalystes qui expliquent l’étiologie des névroses à partir des premières expériences de la vie ?

C-G J : Les premières expériences de la vie doivent leur effet spécifique d’un côté aux influences du milieu et de l’autre côté à la prédisposition psychique, c’est-à-dire à l’hérédité qui semble s’exprimer d’une façon reconnaissable dans l’horoscope. Ce dernier semble correspondre à un certain moment de l’entretien mutuel des dieux, cela veut dire des archétypes psychiques.

ABJC : L’astrologie introduit dans ses principes la notion d’un temps qualitatif dans l’univers ; reconnaissez-vous son rôle dans la psyché individuelle ?

C-G J : C’est une notion dont je me suis aussi servi auparavant, mais je l’ai remplacée par l’idée de la synchronicité qui est analogue à la sympathie ou la correspondentia, ou l’harmonie préétablie de Leibnitz. Le temps ne consiste en rien. C’est seulement un modus cogitandi dont on se sert pour exprimer et formuler le flux des choses et des événements, comme l’espace n’est rien qu’une façon de caractériser l’existence d’un corps.

Quand rien ne se passe en temps et quand il n’y a pas un corps dans l’espace, il n’y a ni temps ni espace. Le temps est toujours et exclusivement « qualifié » par les événements comme l’espace par l’extension des corps. Mais cela est une tautologie et ne veut rien dire tandis que la synchronicité exprime le parallélisme et l’analogie des événements en tant que non causals. De l’autre côté, le « temps qualitatif » est une hypothèse qui s’efforce à expliquer le parallélisme des évènements en termes de causa et affectus. Mais en tant que le temps qualificatif n’est rien que le flux des choses et en dehors de cela aussi « rien » que l’espace, cette hypothèse n’établit que la tautologie: le flux des choses et des événements et la cause du flux ces choses, etc.

La synchronicité nie la causalité dans l’analogie des événements terrestres avec les constellations (sauf la déviation des protons solaires et leur effet possible sur les événements terrestres) et particulièrement dans tous les cas de perceptions non sensorielles, en particulier la précognition, puisqu’on ne peut pas s’imaginer qu’on puisse observer l’effet d’une cause non existante ou pas encore existante.

Ce qu’on peut établir en astrologie, c’est l’analogie des événements, mais pas du tout l’une série comme l’effet ou la cause de l’autre. Tout de même, le cas de l’astrologie n’est pas absolument simple. Il y a cette déviation des protons solaires à cause des conjonctions, oppositions et aspects carrés d’un côté et les triangulaires et sextiles de l’autre, et ses influences sur la radio et sur beaucoup d’autres choses. Je ne suis pas compétent pour juger quelle importance doit être attribuée à cette possibilité.

En tout cas, la position de l’astrologie parmi les méthodes intuitives est unique et particulière et il y a raison de se douter d’une théorie causale d’un côté et de la validité exclusive de l’hypothèse synchronistique de l’autre côté.

ABJC : Avez-vous constaté au cours de traitements analytiques des phases de résistance et de dénouement en rapport avec des transits dans le thème du patient ?

C-G J : J’ai observé beaucoup de cas où une phase psychologique bien définie ou un événement analogue a été accompagné par un transit.

ABJC : Quelles critiques majeures faites-vous aux astrologues ?

C-G J : Si j’ose me prononcer sur un domaine que je ne connais que très superficiellement, je dirai que l’astrologue ne considère pas toujours ses indications comme de pures possibilités. L’interprétation est quelques fois trop littéraire et trop peu symbolique, aussi trop personnelle. Le zodiaque et les planètes ne sont pas des traits personnels, mais plutôt des données impersonnelles et objectives. Aussi l’interprétation des Maisons devrait considérer plusieurs « couches de signification ».

ABJC : Dans quelle voie estimez-vous souhaitable l’orientation de la pensée astrologique ?

C-G J : Il est évident que l’astrologie peut offrir beaucoup à la psychologie, mais ce que la dernière peut contribuer à sa sœur aînée est moins évident. En tant que je peux en juger, il me semble qu’il serait avantageux pour l’astrologie qu’elle se rende compte de l’existence de la psychologie, surtout celle de la personnalité et de l’inconscient. Je suis presque sûr qu’on puisse en apprendre quelque chose de sa méthode d’interprétation symbolique. Il s’agit là de l’interprétation des archétypes et de leurs relations mutuelles, commune aux deux arts. C’est la psychologie de l’inconscient qui s’occupe particulièrement du symbolisme archétypique.

Lettre du 15 novembre 1958 à Robert L.Kroon

« L’astrologie est une de ces méthodes intuitives comme le Yi-King, la géomancie et autres procédés de divination. Elle est fondée sur le principe de synchronicité, c’est-à-dire sur des coïncidences significatives. J’ai exploré expérimentalement trois de ces méthodes intuitives ; celle du Yi King, la géomancie et l’astrologie.

L’astrologie est une psychologie naïvement projetée dans laquelle les attitudes et les tempéraments humains sont représentés par des dieux et identifiés à des planètes ou à des constellations du zodiaque. Lorsque je travaillais sur l’astrologie, j’ai eu plus d’une fois l’occasion de l’appliquer à des cas particuliers.

On constate de remarquables coïncidences, par exemple la position de Mars au zénith dans le fameux horoscope de Guillaume II, qu’on a appelé le « Friedenskaiser ». Déjà dans un traité médiéval il est dit que cette position signifie toujours un casus ab alto, un cas qui vient du haut.

Une telle expérience est très impressionnante pour un esprit versatile, peu sûre lorsqu’elle est aux mains de quelqu’un sans imagination, et dangereuse dans celles d’un fou, comme c’est le cas pour toutes ces méthodes intuitives. Si on s’en sert intelligemment, elle peut être utile lorsqu’on a affaire à une structure particulièrement opaque. Elle permet souvent des intuitions surprenantes. Sa limite la plus sûre est constituée par le manque d’intelligence et d’ouverture d’esprit de l’observateur. Elle constitue un intelligent aperçu comme peuvent l’être les lignes de la main ou l’expression du visage – toutes choses dont un esprit stupide et sans imagination ne peut rien faire et à partir desquelles un esprit superstitieux tire les pires conclusions.

La vérification statistique des « vérités » astrologique est discutable et même improbable. (CF mon article « Synchronicity » ; an acausal connecting principle », in Jung-Pauli, The interprétation of nature and the Psyche, Bollingen Series, vol LI, New York, 1952 p83sq.).

Leur utilisation superstitieuse (qu’il s’agisse de la prédication de l’avenir ou de l’établissement de certains faits à travers les possibilités psychologique) est fallacieuse. L’astrologie diffère beaucoup de l’alchimie dans la mesure où la littérature historique en la matière consiste simplement en l’exposé des différentes méthodes qu’on peut utiliser pour monter un horoscope et pour l’interpréter, et non en textes philosophiques, comme c’est le cas pour l’alchimie.

Il n’existe pas encore de présentation psychologique de l’astrologie, compte tenu du fait qu’on ne dispose pas à ce propos du fondement empirique nécessaire à la démarche scientifique. Et la raison en est que l’astrologie n’obéit pas au principe de causalité, mais relève, comme toutes méthodes intuitives, de l’acausalité. Il n’est pas douteux que l’astrologie soit aujourd’hui plus florissante qu’elle l’a jamais été dans le passé, mais en dépit de son usage de plus en plus fréquent, elle n’est encore explorée que de façon très insatisfaisante et souvent par des gens de bonne volonté mais nullement fait pour cela. Elle ne constitue un instrument heureux que si on s’en sert intelligemment. Elle n’est pas du tout à toute épreuve et, si c’est un esprit rationaliste et borné qui s’en sert, elle s’avère franchement nuisible. »

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